vendredi 30 janvier 2026

Du Sarh (palais) de Salomon au Masjid (lieu de prière) coranique, un glissement sémantique sophistiqué

 Le Coran mentionne le palais de Salomon de son vivant avec le terme Sarh (Coran 27, 44 avec la reine Saba qui y rentre en compagnie de Salomon), mais celui-ci est mentionné comme étant un Masjid (lieux de prière/Temple) après sa mort (Coran 17, 1 au temps du Prophète Muhammad, et 17, 7 quelques temps après la mort de Salomon). Cela fait penser au Masjid construit par des croyants de l'époque des compagnons de la Caverne (les sept dormants) en leur mémoire (Coran 18, 21). Il s'avère en effet que l'Histoire Ecclésiastique de Zacharie de Mitylène (mort en 536) rapporte qu'« un grand sanctuaire a été construit au-dessus de la grotte par souci d'honneur, et comme maison de culte (bayt ṣlūtā) et pour la liturgie (teshmeshtā) sur leurs corps » [1]. 

Le glissement sémantique post-mortem que l'on vient de relever dans le Coran avec le passage du Sarh au Masjid, ce dernier étant attesté dans l'histoire des compagnons de la Caverne/les sept dormants, est forcément intentionnel puisqu'il confirme non seulement une fine connaissance des traditions bibliques et post-bibliques mais aussi le principe de non-synonymie du Coran.

Cette lecture synchronique montre que les mots du Coran sont non seulement cohérents mais qu'ils résonnent aussi intelligemment entre eux.


Référence :

1. Gabriel Said Reynolds, The Qur'an and Its Biblical Subtext, Routledge édition , 2019, p.184



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